Nuit Blanche à Paris


Faire vivre un blog prend du temps, demande de l’implication et de la régularité, j’en manque parfois. Je m’aperçois que tout ou presque, est déjà sur le net avant même que les choses n’aient lieu. Je n’ai pas pour ambition de plagier le programme de la Nuit Blanche de Paris 2008 mais bel et bien d’écrire « ma » Nuit Blanche et celle de mes compagnons.

J’avais gardé un merveilleux souvenir de la Nuit Blanche 2003, à l’époque je vivais dans le 10ème arrondissement à proximité du Canal Saint Martin. Je me souviens de la mise en lumière de l’écluse du Temple et des bains musicaux à la piscine du Château Landon. Je me souviens de la pluie et du froid cette nuit là et de mon rhume la semaine qui suivit. J’en garde cependant un excellent souvenir. Cette année, les choses étaient quelque peu différentes, nous étions mieux préparés car nous avions étudié le programme quelques jours auparavant et nous étions surtout mieux couverts (compter 4 couches de vêtement, un manteau, un bonnet et 2 paires de chaussettes). Cette année les gares étaient à l’honneur, d’ordinaire bondées de voyageurs pressés, l’idée était de s’y arrêter un soir, une nuit pour en observer les beautés et les mystères. Notre périple a pourtant démarré rue de Rivoli pour observer la Tour Saint Jacques sur laquelle une projection de nuage offrait une toute autre vision, quoi que la voir enfin restaurée et sans échafaudage en était une à part entière !
Ensuite, nous nous sommes rendus à l’église Saint Eustache pour voir un film où 6 personnes non voyantes caressaient un éléphant et décrivaient en direct leurs impressions. La peau d’un éléphant pour un non voyant ressemble à un pneu de voiture chaud ou plus simplement à du plastique. J’espère avoir un jour l’occasion de caresser un éléphant pour allier mes sensations de voyantes à celles décrites par les non voyants.
Après un bon repas à la Taverne de Maître Kanter, où les conversation s’enchaînent parce nous sommes entres amis bavards qui ont toujours des milliards de choses à se dire et à partager, direction Bercy pour entendre l’opéra des 100 lapins Nabaztag. Il nous aura fallu 15 bonnes minutes, compressés au milieu de la foule, pour remonter la file d’attente.
Heureusement que nous étions accompagnés d’un ingénieur qui, après un calcul mathématique, nous a confirmé que nous n’aurions aucune chance de voir le spectacle ni celui qui suivait. En effet, le spectacle de 25mn pouvait être vu par une centaine de personnes à la fois, il restait 2 séances et nous avions 350 personnes devant nous.
Heureusement que nous étions accompagnés d’une institutrice qui, après une lecture studieuse du programme nous recentra sur le thème principal de cette Nuit Blanche c’est à dire les gares. Direction Gare de Lyon, ligne 14, oups nous perdons notre ingénieur ! Nous étions en avance et très impatients de voir le tournage de la scène de cinéma bollywoodien. A notre arrivé à minuit, pas une seule caméra n’était encore installée.
Heureusement, il nous restait le Marais ! Nous avons profité d’un spectacle de danse très rythmé à l’église St-Mérri sous une structure mobile en dentelle de cuivre qui ne faisait pas toute la longueur de l’église mais à peu près ma taille c’est à dire moins que celle de l’ingénieur mais plus que celle de l’institutrice.
Tout à coup, j’entendit une voix mais personne autour de moi ne semblait y prêter attention. Je me baisse alors pour découvrir que mes pieds étaient en train de me lancer un message : « Anne, il est 00h30 et nous n’en pouvons plus, prend le chemin le plus court pour rentrer à la maison ». Surprise mais vaillante, je décide de garder le contrôle et d’ignorer mes extrémités. Direction l’église du Clos des Blancs Manteaux, 1 petit kilomètre à pied ça use, ça use…et tout cela pour découvrir cette Merveilleuse Porte d’église Fermée. La pluie se mit alors à tomber quand j’entendis un énorme fou rire, je me retourne et je ne vis aucune dents sur le visage de mes compagnons d’infortune. Mes pieds, encore eux ! Cette fois-ci, il est temps de rentrer, nous décidions tous qu’un passage à la Gare du Nord et à la Gare de l’Est était de rigueur pour clore ce périple culturel. C’est une fois assis dans le métro que le trajet direct s’est imposé.
Il arrive parfois de participer à des soirées où tout est parfait, les gens, l’ambiance, la musique et pourtant, nous n’arrivons jamais à nous sentir à l'aise et finissons par regretter d’être venu. Il arrive aussi de participer à des soirées où rien ne fonctionne comme ça le devrait et pourtant, nous nous sentons merveilleusement bien tout simplement parce que ce qui prévaut est de partager ce moment avec des gens qu’on aime. Ce fut le cas pour moi.

Ce matin, j’ai senti mes pieds frémir. Ils ont lancé un nouveau message mais je n’ai rien entendu parce qu’ils ne s’adressaient pas à moi mais à ma chère et tendre. Je ne sais ni ne saurais jamais ce qu’ils ont exprimé mais lorsque j’ai ouvert les yeux et regardé le réveil il était 10h. Je remercie mes pieds et je remercie ma bien aimée pour avoir prolongée cette merveilleuse Nuit Blanche par une grasse matinée.

Commentaires

Unknown a dit…
Je ne sais plus qui a dit : « l’amitié double les joies et réduit de moitié les peines » ? Je trouve ça assez juste. On peut rarement parler de soirée ratée lorsque celle-ci est passée en bonne compagnie : les maigres succès se parent de la joie d’être partagé, alors que nos errances prennent la forme d’aventures espiègles (même si on manque d'y perdre un bras !!).
Alors cette année , si on me demande si j’ai fait la nuit blanche, je répondrais : « Presque !! Mais j’ai vraiment passé une bonne soirée ».